La jouissance selon Michel Cazenave

 

 

 

« Le sujet de la jouissance des femmes, disait en substance Jacques Lacan, c'est Dieu ».

Et Carl Gustav Jung, pour sa part : « C'est l'image du féminin qui ouvre à l'espace du divin, à l'expérience du sacré ».

Or, n'est-ce pas de cela même que les hommes ont souvent une peur panique ? Comme s'il fallait s'abandonner pour se trouver, se perdre pour exister dans un au-delà de soi-même, se laisser ravir par la plus radicale altérité, jusque et y compris dans son corps et dans son sexe, dans un domaine où sexualité et spiritualité se rencontrent et se fondent l'une dans l'autre, pour découvrir la vérité de son identité la plus profonde…

Ce que j'ai essayé de retrouver, à la lumière de Jacques Lacan et de Carl Gustav Jung, c'est ce qui dans la structure féminine ouvre à la présence du divin et au sentiment d'infinité.

Dans cette pièce, l'homme par frayeur de cette femme qui lui ouvre des choses qui le dépasse de beaucoup, finit par l'abandonner, alors qu'elle s'est abandonnée totalement.

Les hommes supportent mal que les femmes soient des initiatrices, à travers le sexe, au divin. C'est le point de terreur qu'ils ne veulent pas reconnaître. C'est dire combien ils ont peur des femmes parce qu'elles les ouvrent à l'infini et par cet infini, ils ont peur d'être anéhantis. D'où les tentatives de compensation de certains hommes qui disent « nous sommes les plus puissants », manière implicite de dire « nous avons peur d'elle ».

 

Entretien de Michel Cazenave avec Myriame Guillot (R.F.I.)