Avis de spectateurs
B., spectatrice d'un soir d'été
Mes amis et moi-même sommes entrés et nous nous sommes installés ans une très jolie petite salle en pierre, avec peu de fauteuils. Déjà à ce moment, j'ai eu une impression d'intimité. Puis l'interprète est entrée sur scène par une porte comme si nous étions dans un appartement. Sa tenue et son expression surtout m'inspiraient la souffrance - voire la détresse - que je connais bien. Puis elle a commencé son monologue, et je fus saisie d'une grande émotion car j'avais l'impression d'écouter mon histoire, même de m'écouter : oui, je suis une femme trompée ; banal, cela arrive à beaucoup certes, mais lorsque l'on vit l'événement, c'est horrible et on se sent unique. Elle exprimait exactement mon ressenti. J'étais fascinée et avide de ne rien perdre. Par moments très courts, mon esprit s'égarait dans mes souvenirs. Des mots étaient mis sur mes maux. J'étais bien, d'où un effet thérapeutique, qui sait ? Même dans la partie très intime, je me suis retrouvée. En effet, lorsque j'ai eu connaissance de l'infidélité de mon mari, ma sexualité et mes rapports amoureux avec lui ont été exacerbés et très forts - plus que jamais. J'ai tout fait pour essayer de le garder avec mon âme, mon cœur et mon corps comme seule une femme peut le faire. Je me suis " abandonnée ". Quelle formidable révélation pour moi, de réaliser que ce texte a été conçu par un homme. Cela me réconcilie avec la gent masculine. Et je veux croire que les hommes ne sont pas tous des " salauds ". C'est pourquoi je veux dire un grand merci à Michel Cazenave pour ces paroles si justes, à Florence Marguier pour son interprétation si réelle et merveilleuse et aussi à mes amis pour cet excellent et mémorable moment.
Mérelle le 9/10/2005 à 23h05
Heureux concours de circonstances - heureux pour moi ! - j'étais ce soir-là l'unique spectateur après avoir rencontré fortuitement l'artiste au bar du coin, juste avant le spectacle. Sur un texte magnifique de Michel Cazenave et dans l'intimité du face à face, Florence s'est dite dans sa complexité de femme. J'ai bu ses paroles comme le disciple boit celles du maître. Ne dit-on pas que lorsque le disciple est prêt le maître apparaît ? ;-) Florence m'a dit les paradoxes de la vie et de l'amour. Elle m'a dit qu'aller au bout de son désir c'était s'ouvrir à Dieu, elle m'a dit que s'abandonner c'était se trouver, que se perdre c'était accéder à une nouvelle virginité. Elle m'a dit toute la peur, la peur historique de l'homme, devant ce mystère féminin qu'est l'accès au sacré par la perte de soi. Allez donc l'écouter ! Ses mots, plus forts que les miens, vous amèneront au bord du mystère. Florence vous parlera du désir, du sien et du vôtre. Elle osera se dire à vous dans son émotion et sa jouissance de femme. Avec des mots de tous les jours, elle vous parlera aussi de l'éphémère instant, de la durée impossible et de cette incontournable trahison que chacun doit vivre dans sa chair.