Genèse du spectacle

La grande difficulté de la pièce, c'est de donner à voir la jouissance, le désir - toute cette vague qui traverse la sexualité féminine - de la donner à voir, mais non de la représenter.
La seule façon de montrer la sexualité c'est de montrer d'abord la pudeur puis de faire ressentir ensuite le désir de la femme à travers cette pudeur. C'était un peu le défi qui avait à s'attaquer à ce texte qui est dans le fond très subversif, très fort et très cru, sans risquer de tomber dans une représentation « pornographique » ou dans une représentation de l'érotisme telles qu'on voit un peu partout maintenant.
Carol-Ann Willering - entretien avec Myriame Guilhot. RFI
Ne sommes-nous pas toutes attirées par cette soif d'expérimenter avec plus ou moins de défi les chemins du désir ?
Dans son travail de direction d'acteur, Carol-Ann Willering a cherché à rendre présent, ce qui se trouve derrière les mots, au souffle qui scande comme des vagues les grands mouvements de ce poème. Il y a une vraie musicalité dans le texte, alors il faut revenir à ses mots, lutter contre eux, avec eux, puis de leur rythme, de ce qu'ils drainent ressentir combien ils sont porteurs de séïsme - et l'assumer -. En un sens, s'abandonner à ce qui vient et qu'on ignore, pour finir par se découvrir un peu à soi-même ...
Florence Marguier - entretien avec Myriame Guilhot. RFI